2010-01-24 00:55:09

L'Anjou hausse le ton face à la Touraine

Angers (AAP) - C'est en ce jour du 21 janvier de l'An de Grâce 1458 que la diplomatie du Duché d'Anjou, par la voie du Vicomte de Gennes le Sieur Finam, fit entendre ses positions concernant une affaire que le Conseil Ducal considère avoir une grande importance. Mais, tout d'abord, voilà les faits qui se sont déroulés ces derniers jours.

Un groupe de voyageurs angevins, comme tant d'autre sur le sol du Royaume de France, passa les frontières communes entre l'Anjou et la Touraine le 12 janvier dernier. Malheureusement, selon les dires de la diplomatie tourangelle, une armée tenta de les interpeller. Mais, les voyageurs prirent les armes et l'armée dut les arrêter et les battre jusqu'à perte de conscience. Tout autre discours de la part des angevins qui eux disent avoir été attaqué sans même avoir eu la possibilité de parlementer.

Dès lors, c'est le branle-bas de combat au Conseil ducal nouvellement élu qui aurait voulu commencer le mandat sous de meilleurs hospices. L'ambassadeur angevin sur les terres tourangelles fut contacté et envoyé afin de récolter des informations et des excuses officielles de la part des autorités du Comté.

Il s'avère que l'ambassadeur coupa court à la conversation suite "aux propos outrageux de la part de la Vicomtesse Bitterly et de la volonté de celle-ci à jouer la contre-production". Le Comté de Touraine se refuse à toutes excuses car se réserve le droit de s'occuper comme ils le désirent des personnes se trouvant sur son sol. Suite au départ de l'ambassadeur d'Anjou en Touraine, la Chancelière tourangelle prit la plume et envoya missive à son homologue angevin:

"Faict à la Chancellerie de Tours,
Dans la nuit du 13 au 14 Janvier 1458,
A l'attention du Chambellan d'Anjou,

Excellence,

Je sors tout juste d'une discussion via MeSaNge avec vostre ambassadeur, Messire Auguste Breydel. Ce dernier voulait me dire que vostre Duché exigeait de la part de la Touraine une lettre d'excuse quant à l'arrestation (musclée) récente d'un groupe d'angevins sur nostre sol, par nostre armée, puisque paraît-il nostre belle Touraine ne fait preuve d'aucune bonne volonté envers son voisin. Mes réponses l'ayant outragé, selon ses propres dires, je vous les retransmets.

Ainsi donc nous voulions vous signifier que nous ne publierons aucune lettre d'excuse pour avoir exercé de plein droit un contrôle d'identité d'individus reconnus comme malfaiteurs en Touraine. Le dénommé Alphacat pour vous donner un exemple à tenté, en son temps, de prendre nostre brillante Capitale qu'est Tours. Pensez-vous que nous devons nous excuser pour avoir tenté d'interpeler une personne qui tente d'attenter à l'intégrité de l'une de nos villes ? Pas moi.

Nous avouons une chose, nous ne souhaitions pas frapper messire Aurélien, mais celui-ci était malheureusement très mal entouré. Qui plus est, lors du contrôle, les épées ont été tirées et il ne s'est guère désolidarisé du reste de son groupe de voyage. Là est nostre signe de bonne volonté : Tandis que ce dernier s'évertue à clamer haut et fort que nostre Duc Régnant est l'incarnation du Sans-Nom, entre autres accusations et insultes, nous n'engagerons pas de poursuites contre lui. Cependant nous n'accèderons à aucune de ses exigences fantasmagoriques, probablement dues au contre-coup de la "bataille".

Pour vous prouver la légalité de nos actions, je prends la peine et la liberté de vous rappeler la dernière déclaration en date du Duc, concernant les frontières :

"La Touraine se réserve le droit de mettre en procès, d'expulser, de refuser l'entrée voire de prendre les armes contre toute personne jugée dangereuse pour la sécurité du Duché ou qui ne respecterait pas les règles établies."


La Touraine ne s'excusera donc pas d'appliquer les règles qu'elle édicte sur son propre sol. Nous regrettons bien évidemment que Messire Aurélien se soit trouvé au mauvais moment, au mauvais endroit et espérons qu'il choisira une escorte dépourvu de passé douteux pour ses prochains déplacements. Nous lui souhaitons également un prompt rétablissement. Cela s'arrête ici. Vostre Duché n'a pas à interférer dans nos affaires. Si des personnes sont jugées menaçantes pour la sécurité tourangelle, il est de nostre devoir de les arrêter quelque soit leur origine - Anjou, Poitou, Limousin, Bourbonnais Auvergne, Orléannais peu importe ! Nous ne souhaitons ni attaquer vostre Duché, ni vous offenser, ni entrer en guerre avec vous. De même nous tenons à préciser que ces faits n'ont strictement rien à voir avec les évènements passés durant la guerre Touraine - Berry et que tous ceux qui étaient en armée angevine durant ce conflit ne se trouvent pas interdits de séjour chez nous. Seuls les criminels reconnus le sont. Cela dit, nous sommes en droit de faire appliquer nos lois, décrets et autres déclarations, sans avoir à nous en justifier ou nous en excuser.

Vous souhaitant une bonne journée, cordialement,


Bitterly, Vicomtesse de Montoire, Baronne de Saint Paterne
Chambellan de Touraine"

Ce à quoi, le Vicomte de Gennes répondit trois jours après, laissant la situation évoluer et de discuter avec le Conseil Ducal et l'ambassadeur en Touraine, revenu en Anjou depuis plusieurs jours.

"Nous, Finam de Montmorency, Vicomte de Gennes, en qualité de Chambellan d'Anjou,
A vous, Bitterly, Vicomtesse de Montoire, Baronne de Saint Paterne, que qualité de Chambellan de Touraine,
Ab Imo Pectore -du fond du coeur, de la poitrine-,
Salut.


Nous déclarons avoir prit bonne note de votre lettre, et des discussions engagées avec l'ambassadeur angevin en charge de votre province, Auguste Breydel. Là où la bêtise entre en érection, nulle idée féconde ne saurait ressortir: place à la stérilité crasse. Adoncques, nous avons à redire sur le fond, la forme, et la médiocrité de l'argumentaire qui nous est formulé.

Quand vous dites que la Touraine et ses représentants de basses-œuvres ont "tenté d'interpeller" quelques-uns de nos ressortissants, j'ose remettre en question la compétence de vos officiants: un hachoir en guise de langue n'est pas ce qu'il y a de plus compréhensible lorsqu'on vous murmure à l'oreille des réprimandes. Ça fait "tâche", dans tous les sens du terme. L'agressivité témoignée à leur encontre ne relève absolument pas du dialogue: les tourangeaux ont frappé les premiers, ce sans crier gare, il est normal que ces angevins, dont Aurélien de Penthièvre faisait partie, se défendent. Vous me direz, les amours les plus durables naissent souvent de mouvements spontanés, et avoués, de répugnance et d'agressivité réciproques. Oui, preuve en est entre Anjou et Poitou, néanmoins ne vous attendez pas à des miracles du côté, de nos ressortissants si vous traitez les nôtres avec une telle déférence.

Néanmoins vous prétendiez que ces ressortissants sont, je vous cite, "individus reconnus comme malfaiteurs en Touraine". Je vous ai accordé le bénéfice du doute, d'où le laps de temps entre votre courrier et celui-ci.
Mais après consultation des dépôts enregistrés en vos tribunaux, il s'avère que les sieurs Letiti et Alphacat n'ont aucun antécédent chez vous, si ce n'est cette "relaxe" accordée lors du procès intenté contre le sieur Alphacat le 28 Octobre de l'an 1457, pour absence de témoignage. L'attaque subie, parce qu'il s'agit d'une attaque, par nos ressortissants, relève donc d'une supputation tourangelle malgré une relaxe prononcée. C'est arbitraire, où est la justice si vous ne la respectez pas? La force sans justice, c'est tyrannique.
Et quand bien même le sieur Alphacat aurait été désigné coupable, son action relevait d'un fait de guerre: les troupes berrichonnes sont entrées en Touraine le 2 du mois, l'action commise par un sympathisant berrichon aurait été faite, si elle l'avait été, près de trois semaines plus tard, en plein milieu du bourbier.

Alors effectivement, dans les faits, notre Duché "n'a pas à interférer dans vos affaires".
Effectivement, vous "êtes en droit de faire appliquer vos lois, décrets et autres déclarations, sans avoir à vous en justifier ou vous en excuser".

Mais ne vous en déplaise, dès lors que des citoyens angevins subissent un courroux tout ce qu'il y a de plus discrétionnaire, prohibitif, abject, l'affaire qui les concerne, concerne l'Anjou toute entière. C'est de l'idiotie consciente, presque voluptueuse, que de croire notre Duché passif devant telles actions à l'encontre de ses enfants. J'y vois là un sentiment de supériorité des services diplomatiques tourangeaux, qui ne recherchent décidément pas le dialogue mais la fermeté. La trop haute estime de soi-même, c'est la montagne sur laquelle est juché l'imbécile vaniteux.

Adoncques, de même que vous "êtes en droit de faire appliquer vos lois, décrets et autres déclarations, sans avoir à vous en justifier ou vous en excuser" sur votre sol, nous serons en droit d'appliquer une fermeture de frontières exceptionnelle à l'encontre du peuple de Touraine de par la bêtise de l'une de ses institutions, sur notre sol, ce tant que votre Duché n'aura pas présenté excuses et rétributions aux principaux concernés pour le dommage incombé.



Fait le 21 Janvier de l'an 1458,
Saumur."

La situation sera loin d'être réglée avec cet échange épistolaire et peut évoluer du jour augmentant ou refroidissant encore plus les liens entre ces deux régions. Est-ce que la paix dans la région est encore une fois malmenée? Est-ce que les échanges virulents ont atteints leur plus haut sommet avant de redescendre vers un dialogue plus diplomate arrivant à trouver une solution au problème? Seul le temps pourra nous le dire.

L'informateur, pour l'AAP


Sources :
http://forum.lesroyaumes.com/viewtopic.php?t=1159212&sid=hF2R5IAEF4eCE6cSOq1u0revs